Le rôle des médias dans le renouvellement de la pédagogie des langues

Tags:

Dans le cadre de l'apprentissage / enseignement des langues, les médias représentent avant tout une source inépuisable de documents et de lieux de rencontre de la langue cible. Ils permettent d'accéder à des connaissances autres que linguistiques et de trouver des supports d'apprentissage en lien étroit avec les objectifs ou les intérêts thématiques de chaque groupe d'apprenants. Michel Boiron, directeur du CAVILAM, revient sur cette thématique.

Dans le cadre de l’apprentissage / enseignement des langues, les médias représentent avant tout une source inépuisable de documents et de lieux de rencontre de la langue cible. Ils permettent d’accéder à des connaissances autres que linguistiques et de trouver des supports d’apprentissage en lien étroit avec les objectifs ou les intérêts thématiques de chaque groupe d’apprenants. Les médias constituent en outre un accès direct aux pratiques culturelles d’une société donnée et permettent une approche systématique des différents aspects qui la constituent. Récemment, ils sont aussi devenus un lieu d’interaction et d’échange avec les usagers et entre les usagers en intégrant des liens avec les réseaux sociaux.

La presse, la radio et la télévision ont, par définition, des composantes à la fois textuelles, sonores et visuelles qui, associées à leurs modes de diffusion respectifs, contribuent étroitement à la création des messages et du sens. La langue utilisée revêt les caractéristiques de l’authenticité, c’est-à-dire qu’elle est employée dans un contexte donné, à un moment donné, conformément aux codes et règles de ce cadre.

Hors contexte pédagogique, les médias annoncent, informent, distraient, éduquent, modèlent les opinions, aident à vendre. Ils remplissent aussi une fonction d’identification : le destinataire se retrouve, se reconnaît dans son média favori qui appartient souvent à une habitude quotidienne, se réveiller avec la radio par exemple. Pour une chaîne de télévision comme TV5MONDE, l’usager peut associer le média comme le lieu de rattachement à son pays, sa langue, sa culture d’origine ou le lieu de matérialisation rituelle de sa francophilie.

Les pratiques pédagogiques lient à ces documents une multitude de tâches et d’angles d’approche qui conduisent l’apprenant à accomplir plusieurs objectifs : perfectionner ses connaissances linguistiques dans les quatre domaines de compétence – compréhension orale et écrite, expression orale et écrite -, acquérir des connaissances factuelles, et enfin, elles amènent à réfléchir au fonctionnement même des supports utilisés. Travailler avec les médias doit contribuer à une réflexion interculturelle et à une éducation aux médias.

Le défi, l’enjeu pédagogique de l’utilisation des médias consiste à la fois à enrichir, diversifier et faire évoluer les pratiques d’enseignement et d’apprentissage dès les niveaux les plus faibles tout en en faisant entrer chaque document dans les classes en conservant leur fonction d’origine. L’étude d’une émission de radio ou d’une émission de télévision en langue étrangère ne peut pas se résumer à l’élaboration d’une liste du vocabulaire nouveau rencontré dans le document.

Quelques réflexions sur les médias

Sous le vocable « médias », on regroupe en général la presse écrite, la radio et la télévision. Internet quant à lui serait plus un vecteur qu’un média en tant que tel, mais son évolution a contribué à faire apparaître de nouveaux producteurs et diffuseurs de contenus qui n’ont pas d’existence directe hors Internet, mais jouent aujourd’hui un rôle important dans la diffusion d’informations, le débat d’idées et les échanges entre usagers. Ainsi en est-il pour la France par exemple d’organes de presse comme www.slate.fr, www.rue89.fr ou encore www.mediapart.fr ; de web radios comme www.canalacademie.com  ou de chaînes de WebTV. Ces nouveaux venus viennent s’ajouter à l’offre des grands médias traditionnels comme www.lemonde.fr, www.lefigaro.fr, www.radiofrance.fr, www.tf1.fr et à l’innombrable liste des publications en ligne spécialisées : art, médecine, technique, sport, etc. On pourrait faire pour les mêmes constatations dans tous les pays européens.

Le monde des médias est en pleine mutation et traverse de nombreuses turbulences. Il doit s’adapter à des (r)évolutions à la fois technologiques, éditoriales, rédactionnelles, de diffusion et de stockage. Il doit également redéfinir des modèles économiques.

D’une manière générale, on assiste à une multiplication des titres, une diversification exponentielle des sources de documents : images, sons, témoignages et à une transmission immédiate, presque en temps réel, de l’information.

En quelques années, la relation avec les usagers a profondément changé. Autrefois des journalistes de métier et des agences de presse communiquaient et commentaient les événements ; aujourd’hui, n’importe quel citoyen peut être à l’origine d’une information. Presque tout le monde possède un téléphone portable et peut photographier, filmer ou enregistrer à tout moment,  puis diffuser le document. L’interaction avec les usagers s’est, elle aussi, considérablement développée : commentaires sur les articles, prise de position, partage sur les réseaux sociaux, etc.

De même, les frontières entre les différents médias se sont partiellement brouillées. Ainsi, sur Internet, que ce soit sur les sites de la presse écrite, de stations radios ou de télévisions, va-t-on retrouver des documents visuels : photos, graphiques, dessins humoristiques, etc. ; des articles écrits, des textes ; des vidéos et des documents sonores. Partout aussi, les usagers sont invités à exprimer leur point de vue, à dialoguer avec les auteurs des articles, à échanger avec d’autres internautes, à apporter leur témoignage sur une manifestation ou un événement vécu (On se rappellera par exemple du nombre impressionnant de vidéos amateurs présentant des images du tsunami au Japon en 2011 ou les images des téléphones portables présentant les manifestations interdites en Syrie…).

Les grands organes traditionnels de la presse écrite ont été bousculés par l’arrivée des journaux gratuits distribués dans les lieux publics (Métro, 20 minutes, Direct, etc.) Comment conserver le lectorat et les contrats publicitaires face à cette concurrence ? Quelle originalité des contenus proposer, quel positionnement trouver ?

Par ailleurs, dans un premier temps, la version Internet des titres de presse a d’abord été marquée par la volonté des internautes d’avoir accès à l’information gratuitement. Et donc, si le nombre de visites sur les pages d’accueil était phénoménal, le nombre d’abonnements payants était insuffisant pour équilibrer les comptes. La publicité a mis également du temps à investir ces nouveaux supports.

Les chaînes de télévision elles aussi ont dû faire face à de nouvelles concurrences. La cérémonie de la grande messe française du journal télévisé suivi à 20 heures par une bonne partie des téléspectateurs est mise à mal : le satellite, le câble, la télévision numérique terrestre (TNT), Internet, l’accès immédiat par des applications pour tablettes aux chaînes et l’entrée d’autres médias comme la radio et la presse écrite dans l’univers de la diffusion d’images ont révolutionné la conception même de la programmation. Nous sommes passés de quelques chaînes généralistes à une multitude de chaînes spécialisées.

Le concept de « média global » est apparu.  Aujourd’hui, la diffusion à grande échelle des tablettes numériques et des Smartphones transforme à nouveau les modes de consommation. Nous ne sommes plus seulement sur Internet au domicile ou au bureau, mais en lien direct avec l’ensemble des médias disponibles partout et en permanence. On ne regarde plus forcément l’émission (ou la partie d’émission) au moment où elle est diffusée à l’antenne, mais au moment où on en a envie ou besoin via les sites Internet des chaînes ou des sites spécialisés (cf. www.tf1.fr, www.pluzz.fr, www.tv5monde.com, etc.). Et de nouveaux acteurs de diffusion sont apparus qui concurrencent les télévisions traditionnelles : www.youtube.com, www.dailymotion.com, www.myspace.com, etc. Là, les documents en nombre astronomique sont accessibles à la demande et les modes de navigation se multiplient : recherche par référence exacte du titre connu, mots clés, recherche par thème ou genre, visionnage d’un document puis d’un autre recommandé par le site, etc.

Et au-delà de l’information ou du divertissement, les médias proposent des services : convertisseur de devises, dictionnaires en ligne, traduction simultanée, vente de produits, etc. qui redéfinissent le périmètre des activités du média lui-même. La  connexion directe des téléviseurs aux services Internet accentue encore la tendance à l’individualisation des programmes, le téléspectateur ne choisissant plus une chaîne, mais une émission à la demande.

La radio a, elle aussi, considérablement changé en quelques années. Autrefois, la diffusion par antenne limitait fortement la zone d’accessibilité aux émissions. Aujourd’hui, partout dans le monde (ou presque) on peut accéder en ligne à la radio de son choix. La radio ne s’écoute plus seulement en direct, la révolution s’appelle le téléchargement. Les émissions stockées sur les sites des chaînes peuvent être écoutées ou stockées sur un ordinateur individuel. Elles sont donc accessibles à tout moment. Et le choix est pratiquement sans limites. À côté des radios historiquement présentes sur les ondes se sont ajoutées des web radios de toutes sortes… Et même la presse écrite ou des télévisions ont lancé des radios comme service supplémentaire (cf. www.teleramaradio.fr, www.arteradio.com ou www.radiocervantes.es, par exemple.)

En retour, les émissions de radio sont souvent filmées et diffusées sur des chaînes de télévision (cf. Les Grosses Têtes de Philippe Bouvard / RTL ou encore les émissions de BFM Business, la radio de l’actualité économique, par exemple).

Apprendre et enseigner les langues aujourd’hui

Plusieurs changements majeurs marquent le passé récent pédagogique pour les enseignants de langue. D’une part, l’arrivée massive de la presque religion du Cadre européen commun de référence a fait évoluer les conceptions d’enseignement, d’apprentissage et de l’évaluation, d’autre part, l’accessibilité nouvelle à de très nombreuses sources d’information, de documentation et de partage d’idées implique l’intégration d’activités nouvelles pour les apprenants et une posture différente pour les enseignants. Il est aujourd’hui facilement possible de passer d’une communication simulée qui était la règle autrefois à une communication authentique en classe de langue et hors classe.

Grâce à Internet, l’apprenant a facilement accès aux mêmes sources et aux mêmes informations factuelles que l’enseignant et il maîtrise souvent mieux les outils de communication que celui-ci. Grâce à des objets de la vie quotidienne : téléphones, caméras de poche, appareils photo, ardoises numériques, il est de plus en plus aisé de produire soi-même ou en petits groupes des documents sonores, visuels ou audiovisuels et de les publier presque instantanément sur des sites de partage (Youtube, Dailymotion, etc.), sur des blogs (via Wordpress.com, par exemple) ou des réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc.) ou encore de les diffuser sur grand écran via la vidéoprojection ou un tableau numérique dans la classe ou dans un auditorium à l’attention des autres élèves ou des parents.

Les manuels et la classe constituent des cadres organisés de l’apprentissage. En ce sens, ils sont très utiles et rassurants. Le manuel conserve son utilité immédiate pour l’organisation de la vie de la classe et la progression, mais il n’est plus que l’un des supports de l’apprentissage de même que la classe est devenue l’un des lieux parmi d’autres de l’acquisition des connaissances.

La perspective actionnelle introduite dans la continuité des approches communicatives par le Cadre européen commun de référence conduit à sortir du quotidien de la classe pour réaliser des tâches plus complexes qui combinent à la fois des compétences linguistiques et des savoir-faire extralinguistiques. La tâche proposée mène à un résultat concret et tangible.

On retrouve ici des idées défendues depuis longtemps par des pédagogues illustres. Pour ne citer que les plus connus, J. Pestalozzi (1746-1827), G. Steiner (1861 – 1925), M. Montessori (1870-1952) ou encore C. Freinet (1896-1966) ont placé l’élève au centre de l’action pédagogique, de la découverte des connaissances et défini des tâches complexes dont la finalité dépassait le cadre de la classe pure et simple. Dans la création du célèbre journal scolaire de Freinet par exemple, les savoir-faire mobilisés étaient multiples et les lecteurs n’étaient pas seulement les élèves. Mais ces pratiques sont aujourd’hui grandement facilitées par les moyens techniques à disposition. Elles s’installent et sont  dorénavant revendiquées par l’enseignement institutionnel.

Côté apprenant, il n’est plus possible d’attendre dans un coin que le temps passe et de laisser aux trois bons élèves extravertis le soin d’occuper le professeur pendant que l’on fait autre chose. Être apprenant aujourd’hui, c’est participer, agir, être partie prenante, prendre en main son apprentissage, bref travailler.

L’intégration dans l’enseignement quotidien de documents issus des médias aura justement pour objectif de contribuer à la motivation en mettant en valeur les apprenants, en proposant des tâches qui représentent un enjeu, un défi.  Parallèlement, la pédagogie choisie doit également mettre en valeur l’enseignant par des pratiques à la fois réalistes et originales. L’enseignant aussi doit avoir plaisir à enseigner.

L’intérêt des médias en classe de langue

L’offre médiatique est immense, inépuisable et touche tous les sujets, tous les domaines d’activité et de nombreux genres de l’actualité à la fiction. Le premier intérêt des médias est justement cette diversité et cette accessibilité permanentes qui permettent d’enrichir et de varier sensiblement les supports et les contenus proposés aux apprenants.

Les documents des médias sont fabriqués pour attirer et séduire des usagers. Ils racontent des histoires et le font de façon à être remarqués, lus, regardés, écoutés, suivis. L’attrait est indispensable pour réussir la diffusion. Un article ou une émission qui ne sont ni lus, ni entendus, ni vus, n’existent pas. Les mass médias impliquent par définition un public cible très nombreux, des moyens techniques et financiers très importants. L’attractivité est renforcée par la notoriété du média source, le côté actuel, événementiel. Cette attractivité des supports va être mise au service de l’enseignement.

Pour apprendre une langue, nous partons du postulat qu’il faut multiplier les rencontres de la langue cible actuelle non transformée à des fins pédagogiques et cela dès le début de l’apprentissage ; il faut fréquenter la langue. On peut d’ailleurs dire avec un certain humour que les langues deviennent de plus en plus  fréquentables. Les médias proposent justement de rencontrer des situations de communication très diverses avec des locuteurs de tous âges, toutes professions, origines sociales et géographiques.

Le rôle de l’enseignant consiste in fine à mettre en scène ces contacts et à contribuer à faciliter l’accès au sens des apprenants.

Apprendre avec les médias

Le Cadre européen commun de Référence pour les langues offre une présentation caricaturale de l’utilisation des médias : le document sonore ou audiovisuel est presque exclusivement mentionné comme étant destiné à la compréhension orale et la presse écrite à la compréhension écrite… alors qu’à notre avis, les pistes pédagogiques sont multiples et au-delà du décodage des supports centrées sur l’expression orale et écrite…

Les documents média sont avant tout des déclencheurs d’activités, de tâches, des sources de réflexion... Quelques règles d’or avant tout : ne pas limiter la compréhension à la compréhension linguistique… justement, les médias véhiculent des informations par d’autres moyens : l’image et le son ; ne pas utiliser un document média pour aller y chercher des mots ou expressions nouvelles, mais justement au contraire, pour y rechercher des informations reconnaissables et compréhensibles ; en simplifiant, il s’agit d’aller d’abord chercher ce que l’on comprend avant de s’intéresser à ce que l’on ne comprend pas ; enfin, toute découverte demande un effort, la fréquentation régulière des médias et l’accoutumance joueront un rôle important pour faciliter le décodage.

La classe est un lieu d’entraînement. Les apprenants et les enseignants vont pratiquer régulièrement des activités réutilisables dans de nombreuses autres situations d’apprentissage. Comme les supports utilisés en cours sont accessibles hors cours, les apprenants peuvent continuer leur travail en autonomie et s’investir davantage dans leur apprentissage.

La classe sera définie comme une succession d’activités destinées à apprendre à :

  • observer, repérer, identifier des éléments constitutifs d’un document et développer la capacité à désigner, à nommer ces éléments en langue cible ;
  • émettre des hypothèses sur le contenu d’un document à partir d’un extrait ou d’un des éléments constituants de ce document (par exemple, imaginer le contenu d’un article de presse à partir d’une photo ou d’un reportage à partir du visionnage sans le son) ;
  • présenter fidèlement le document à un groupe qui ne l’a pas lu, vu ou entendu ;
  • réagir, prendre position, exprimer une opinion par rapport à un document ;
  • créer des images, des textes, des objets, des jeux de rôles, à partir d’un document ;
  • imiter ou parodier le document dans une création collective ;
  • simuler la création du même type de document : création d’une fiction, d’un journal, etc. ;
  • faire des recherches documentaires pour en savoir plus sur le thème, l’événement ou le sujet traité dans un document ;
  • comparer le document avec des documents de même type issus de son propre milieu culturel ;

Ces différentes activités peuvent s’inscrire dans un projet de communication externe à la classe : échanges avec d’autres classes partenaires, publication des résultats sur un blog ou sur un site Internet, projet d’exposition dans le cadre scolaire ou extrascolaire, intégration des travaux dans un spectacle, participation à un concours, etc.

Éducation aux médias

La volonté de développer chez l’élève un regard critique, de susciter le doute, d’interroger la connaissance et les sources du savoir est une pratique ancienne dans les principes pédagogiques. L’objectif de l’éducation aux médias est d’aider les élèves à porter un regard conscient sur leur environnement et de les conduire à questionner les supports qu’ils rencontrent quotidiennement pour mieux les comprendre en identifiant leur fonctionnement et leurs codes.

Ainsi, l’éducation aux médias conduit-elle à développer chez l’apprenant un certain nombre d’aptitudes, de savoir-faire et de connaissances. Notre pensée fonctionne par associations successives d’idées qui brouillent les notions de temps et d’espace... Les médias organisent la pensée et proposent à l’usager un monde compréhensible. Le discours médiatique organise, ordonne, présente, construit pour être compris. Il ne peut présenter la réalité... mais élabore une narration de la réalité.

Pour aborder ces documents, les activités d’éducation aux médias doivent entraîner l’apprenant à :

  • être capable d’identifier les éléments constituants d’un document ;
  • identifier la source, l’origine du document ;
  • apprendre à percevoir ce que l’on entend, ce que l’on voit, ce que l’on lit ;
  • être conscient de ce que l’on n’entend pas et ne voit pas ;
  • identifier l’aspect collectif de la création d’un document (plusieurs métiers sont en action : cadreur, preneur de son, journaliste, monteur, etc.) ;
  • connaître les métiers qui contribuent à la création d’un document ;
  • comprendre comment un document véhicule une information ;
  • reconnaître un point de vue, un angle, la différence entre un fait et une opinion ;
  • reconnaître les éléments qui montrent que l’événement décrit n’est pas la réalité, mais la présentation de cette réalité.

Dans le cadre de l’éducation aux médias associée à l’apprentissage d’une langue, la fréquentation de médias d’origine géographique et culturelle différentes de celle de l’apprenant permettra une réflexion sur son propre environnement en favorisant la comparaison avec les médias locaux.

Quelques aides directes pour les enseignants et les apprenants

Dans le domaine de l’enseignement du français aux étrangers, depuis plus de quinze ans,  plusieurs médias ont développé des services d’appui et de promotion en direction des enseignants et des apprenants : TV5MONDE avec la démarche « Apprendre et enseigner avec TV5MONDE », RFI avec les développements de la rubrique langue française ou encore la webradio abritée par l’Institut de France www.canalacademie.com.  Chacun de ces médias propose une mine d’idées et de ressources pratiques pour le travail en classe de français.

On peut aussi citer le British Council (http://learnenglish.britishcouncil.org/en/) ou la BBC (www.bbc.co.uk/worldservice/learnenglish/) pour l’anglais, l’Instituto Cervantes et RTVE pour l’espagnol ou encore pour l’allemand, Deutsche Welle (http://www.dw-world.de)…

Des organismes comme le CLEMI ou le CAVILAM explorent et mettent à disposition de la communauté éducative de nombreuses pistes d’utilisation pédagogique de ces supports.

Chaque programme de soutien développe des activités originales, mais tous les auteurs de ces programmes ont des valeurs éducatives communes et suivent des objectifs pédagogiques proches au-delà de la promotion de leur institution : faire entrer le monde extérieur dans la classe, travailler à partir de supports actuels et rendre vivants la classe, apprendre autre chose que la langue elle-même et enfin, comprendre la spécificité de chaque média utilisé.

Pour l’enseignant, l’utilisation de supports actuels issus des médias constitue une véritable chance professionnelle. Il se trouve associé à ses élèves dans la compréhension des documents qu’il va présenter. Le cours n’est pas un cours standard, il est fait pour les élèves présents en tenant compte de leur personnalité, de leur âge, de leurs intérêts et aussi d’un projet d’acquisition de connaissances linguistiques et extralinguistiques. Il n’est plus nécessaire d’argumenter pour prouver que  la langue enseignée est une langue vivante, c’est un fait. C’est du vécu. La posture de l’enseignant est déplacée. Il se trouve à côté de ses élèves pour guider et accompagner la découverte. Il accepte de se situer lui-même dans un parcours dans lequel il continue à perfectionner ses connaissances. Enseigner, c’est apprendre.

 

News

'Ooops, I did it again!...Treating Errors in EFL' in Patras and 'Failure to Connect or Connecting to Failure?' in Athens - TESOL Greece

16/01/2011 - 23/01/2011

TESOL Greece is putting on two events in January 2011: the 10th Annual Patras event  'Ooops, I did it again!...Treating Errors in EFL' in Patras on 23 January and 'Failure to Connect or Connecting to Failure?' in Athens on 16 January.

Subscribe to the newsletter

Newsletter

Subscribe to the newsletter to get regular updates on languages in Europe and on the REAL project.

View the newsletter archives.